L’Aïkido

Le mot « Aïkido », en japonais, est formé de trois idéogrammes : Aï – Ki – Do, qui signifient littéralement :

Aï: l’Harmonie, la coordination, l’union
Ki : la « force de vie », l’énergie
Do : l’étude, la recherche, la voie
L’aïkido est ainsi la « voie de de l’union, de l’harmonie, des énergies ». Cette traduction peut être interprétée de nombreuses manières, toutefois elle induit l’idée que le but de l’aïkido est de rechercher l’harmonie avec l’adversaire, d’utiliser sa propre énergie pour la retourner contre lui-même et le neutraliser sans chercher à l’écraser.

L’aïkido est un art martial efficace qui permet de trouver un équilibre saint du corps et de l’esprit, comme le définit Maître Kisshomaru Ueshiba, fils du fondateur de l’aïkido : « l’aïkido est une voie dont le fondement est la pratique d’un exercice visant à l’élévation physique et spirituelle ».

Où pratiquer l’Aïkido à Liège 

Les images de cette page ont été prises lors d’un entraînement du club Budo Liège, au Collège Saint-Servais, rue saint-Gilles, 104.  Le cours était donné par le Maître Marcel FISSET, Président du TOHUSHIMA BUDO COUNCIL INTERNATIONAL et BUDO COUNCIL OF EUROPE et qui a pour devise “La victoire par la paix !”

La pratique de l’Aïkido permet de canaliser la violence.  Dans mon cas, cela m’a aidé à tempérer, et c’était utile !  Souvent les gens pensent que l’Aïkido sert à se battre, c’est faux.

Maître Marcel Fisset

Informations supplémentaires d’Arnaud Lejeune

L’ Aïkido fait partie des arts martiaux japonais les plus populaires dans le monde (il compte par ailleurs plus de pratiquants en France qu’au Japon), avec le Judo et le Karaté. Généralement traduit par Voie de l’harmonie des énergies (« aï » signifiant l’union, « ki » le principe d’énergie cosmique et vital en Extrême-Orient et « do » la voie spirituelle), il se caractérise par son aspect sophistiqué et généralement esthétique : il privilégie l’utilisation de la force adverse pour renverser les situations de conflit. Il exploite à cet effet tant des techniques de projection (nage-waza) que d’immobilisation (katame-waza).

Cet art a été rendu populaire en grande partie par l’imaginaire chevaleresque qui l’entoure à travers le port du hakama – grand pantalon que portait les Samouraï – et de la pratique des armes telles le bokken (sabre en bois) ou le jo (bâton). Egalement, grâce à la figure mystique de son fondateur qui a progressivement fait de son art une voie spirituelle amenant au développement de l’intériorité de l’adepte, au-delà de la maîtrise martiale.

Cela rapidement posé (de nombreux articles développent ces différents éléments), l’Aïkido est loin de renvoyer à une pratique unifiée, en dépit de ses caractéristiques qui permettent de l’identifier rapidement. D’une part, la pratique du fondateur, Morihei Ueshiba (1881-1969) a évolué au cours de son existence, de sorte que tous ses disciples n’ont pas reçu le même enseignement. D’autre part, chacun de ses disciples ont par la suite développé leur propre interprétation de son art – certains cherchant à transmettre fidèlement l’enseignement reçu, d’autres à explorer plus en avant les pistes de recherches martiales ouvertes par l’enseignement souvent énigmatique de Maître Ueshiba. Ainsi, le monde de l’Aïkido est-il un monde bigarré et en constante d’évolution, d’autant plus riche qu’il réunit sous un même nom des pratiques fondées parfois sur des principes opposés – avec pour seuls dénominateurs communs les notions d’irimi (entrer en profondeur dans ;’espace de l’adversaire), atemi (être en position martialement avantageuse pour donner un coup décisif), awase (s’harmoniser au mouvement de l’autre), musubi (ce qui renvoie au fait de fusionner avec le corps de l’autre pour exercer les techniques), sur fond de compassion.

L’Aïkido kishinkai, développé par Léo Tamaki à la croisée essentiellement de l’enseignement de Maître Tamura (l’un des disciples le plus proche du fondateur), des principes de l’école de Kuroda Tetsuzan, des recherches de Yoshinori Kono et d’Hino Akira, est l’école d’Aïkido la plus récente actuellement. Elle se caractérise en particulier par la recherche d’efficacité en se fondant sur les principes qui régissaient l’étude des anciennes écoles guerrières au Japon. Elle a vocation à développer une modification de l’utilisation usuelle, ordinaire, du corps pour développer une efficacité qui permet de surmonter les contingences physiques – c’est-à-dire d’être en mesure de prendre un ascendant décisif face à n’importe quel adversaire. Cela passe par le développement aussi fin que possible de la sensibilité, à la fois à soi-même pour apprendre à se mouvoir différemment, de la façon la moins perceptible possible, et à l’autre. Parmi les principes recherchés, on compte le fait de ne pas s’enfoncer dans le sol, de bouger à une vitesse constante, d’anticiper les attaques pour prendre un ascendant immédiat, de dissocier les différentes parties du corps et de les mobiliser simultanément, de fusionner avec le corps de l’autre.

Ces différents principes s’inscrivent dans une recherche d’efficacité pragmatique réelle ; celle-ci constitue toutefois une étape nécessaire pour développer une pratique qui peut – mais ne doit pas – déboucher sur un certain développement spirituel – l’attention à l’autre ouvrant en particulier à une compassion profonde d’autrui.